Lorsqu’on parle d’état des lieux, on pense souvent uniquement à l’intérieur de la maison ou de l’appartement. Pourtant, le jardin, la terrasse et les abords extérieurs font partie intégrante du bien et peuvent représenter une valeur considérable. Négliger ces espaces peut entraîner des litiges coûteux entre propriétaire et locataire, ou entre maître d’ouvrage et entrepreneur lors de travaux. Voici pourquoi il est parfois indispensable de les inclure dans l’état des lieux.
Pourquoi inclure le jardin dans l’état des lieux ?
- Préserver la valeur du bien : un jardin soigné, une terrasse entretenue ou une piscine fonctionnelle représentent souvent plusieurs milliers d’euros d’investissement.
- Clarifier les responsabilités : l’état des lieux fixe noir sur blanc l’obligation d’entretien du locataire (taille des haies, entretien de la pelouse, nettoyage des allées…).
- Prévenir les litiges : en cas de dégâts aux plantations, au revêtement de terrasse ou aux équipements (éclairage, clôture, mobilier de jardin), il sera possible d’imputer les frais à la partie responsable.
Exemples de dégâts fréquents et estimations de coûts
Voici quelques exemples concrets illustrant l’importance de décrire précisément l’état du jardin :
| Type de dégât | Exemple | Estimation du coût |
|---|---|---|
| Plantations endommagées | Arbre cassé ou arraché | 200 à 700 € (arbre moyen) jusqu’à 2 000 € (grand sujet) |
| Pelouse détériorée | Pelouse jaunie ou détruite | 4 à 18 €/m² |
| Terrasse fissurée ou tachée | Bois abîmé, carrelage endommagé | 50 à 150 €/m² |
| Piscine | Panne de pompe, liner percé | 200 à 3 000 € |
| Éclairage de jardin | Bornes ou spots cassés | 80 à 300 € par point lumineux |
- Plantations endommagées : un arbre de taille moyenne peut coûter entre 200 et 700 €, tandis qu’un grand sujet peut dépasser 2 000 €.
- Pelouse détériorée : remplacement ou réensemencement d’une pelouse abîmée : entre 4 et 18 €/m².
- Terrasse fissurée ou tachée : remise en état d’une terrasse en bois ou carrelée : de 50 à 150 €/m².
- Piscine : réparation d’une pompe ou d’un liner abîmé : entre 200 et 3 000 € selon les cas.
- Éclairage de jardin : remplacement de bornes ou de spots encastrés : de 80 à 300 € par point lumineux.
Cas particuliers : piscine, tennis et équipements extérieurs
Lorsque le bien comprend une piscine, un terrain de tennis ou des installations d’éclairage extérieur, l’état des lieux devient encore plus crucial. Ces aménagements impliquent des coûts d’entretien et de réparation élevés. Par exemple, un court de tennis mal entretenu peut nécessiter une rénovation complète de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Quant à la piscine, un système de filtration encrassé ou une margelle cassée peuvent rapidement générer des frais de plusieurs milliers d’euros.
Inclure le jardin dans l’état des lieux avant des travaux
Il n’y a pas que la location : l’état des lieux du jardin est également essentiel avant des travaux dans la maison. Pourquoi ? Parce que les ouvriers ou camions de chantier passent souvent par le jardin, ou y déposent temporairement des matériaux et débris. Sans constat préalable, il sera difficile de prouver qu’une pelouse a été dégradée par le passage d’engins, qu’une clôture a été endommagée ou qu’un massif a été écrasé par des gravats. Un état des lieux avant travaux détaillé permet de protéger le propriétaire et d’imputer d’éventuelles réparations à l’entrepreneur responsable.

Entretien du jardin : une obligation du locataire
En Belgique, le locataire a le devoir d’entretenir les abords extérieurs. Cela inclut la tonte, la taille, le désherbage et l’entretien des allées. Un état des lieux précis, accompagné de photos, évite toute contestation lors de la sortie du locataire. Le propriétaire pourra exiger la remise en état ou retenir une partie de la garantie locative en cas de manquement avéré.
Entretien courant ou dégradation : où est la limite au jardin ?
Comme à l'intérieur, tout n'est pas à charge du locataire. La distinction usure/entretien normal vs dégradation s'applique aussi dehors :
| Entretien normal — à charge du locataire | Dégradation — facturable |
|---|---|
| Tonte, désherbage, taille courante des haies | Haie ou massif arraché, arbre coupé sans accord |
| Pelouse ternie en fin d'été (sécheresse normale) | Pelouse détruite par un usage anormal (stockage, véhicule) |
| Bois de terrasse grisé par le temps | Lames cassées, brûlures, taches indélébiles |
| Entretien courant du système de filtration piscine | Liner percé, pompe hors service par négligence |
Comment documenter le jardin à l'état des lieux
- Photographier chaque zone depuis les mêmes points de vue qu'à l'entrée (facilite la comparaison à la sortie).
- Noter l'état des plantations nommément (essence, taille approximative), pas juste « végétation ».
- Relever le fonctionnement des équipements techniques (pompe de piscine, éclairage, arrosage automatique), pas seulement leur aspect.
- Mentionner la saison : un jardin constaté en hiver ne se compare pas directement à un constat d'été.
Questions fréquentes
Le jardin doit-il figurer dans l'état des lieux de sortie aussi ?
Oui, systématiquement, dans les mêmes conditions qu'à l'entrée — c'est la
comparaison qui permet de distinguer entretien et dégradation.
Qui entretient la piscine pendant la location ?
Sauf clause contraire du bail, l'entretien courant (filtration, produits) revient
au locataire ; les réparations structurelles (liner, système de filtration
défaillant sans lien avec un mauvais usage) restent à charge du bailleur.
Un jardin non entretenu peut-il justifier une retenue sur la garantie ?
Oui, si l'état des lieux d'entrée prouve qu'il était entretenu au départ et que
le manquement est documenté (photos, constat).
Voir aussi : état des lieux d'entrée, état des lieux de sortie et le modèle gratuit (la grille couvre aussi les extérieurs).
